« Agatha » de Marguerite Duras – création 2020

Création au TNP Villeurbanne
04 – 21 février 2020

• TOURNÉE 20-21 [EN COURS]
Théâtre du Vellein – CAPI, Villefontaine

« L’inceste ne peut être vu du dehors. Il n’a pas d’apparence particulière. Il ne se voit en rien. Il en est de lui comme de la nature. Il grandit avec elle, meurt sans être jamais venu au jour, reste dans les ténèbres du fond de la mer, dans l’obscurité des sables des fonds des temps. De toutes les manières ou les formes de l’amour et du désir, il se joue. De toutes les sexualités diffuses, parallèles, occasionnelles, mortelles, il se joue de même. De son incendie il ne reste rien, aucune scorie, aucune consommation, après lui la terre est lisse, le passage est ouvert. Ainsi passe par un après-midi de mars un jeune chasseur qui remonte le fleuve alors que les pousses de riz commencent à jaillir des sables. Il regarde une dernière fois sa soeur et emmène son image vers les grandes cataractes du désert. »
Marguerite Duras, Agatha, 1992

Un jour d’hiver dans la Villa Agatha. Huit mois après la mort de leur mère, Elle convoque Lui pour lui annoncer son départ avec un autre homme. Alors commence un jeu, celui de la mémoire et de sa reconstitution, pour comprendre ce qui s’est passé cet été-là, celui de ses dix-huit ans, celui de tous les non-dits.
Avec Agatha, Marguerite Duras livre une pièce sans filtre sur le tabou. Tabou de l’inceste, du voyeurisme, et des relations que l’on n’ose pas nommer. Grâce à une langue ciselée, performative, où les mots se font chair quand les corps se taisent, elle dresse le portrait de deux âmes à la dérive qui tentent de survivre. Sa langue a la plasticité de la marée, tantôt limpide, tantôt trouble, indomptable, pouvant tout recouvrir puis s’effacer, laissant alors le tableau d’une réalité crue.
Après Le Misanthrope et Rebibbia, Louise Vignaud propose un registre plus intime. La scène devient un terrain de jeu pour traquer la mémoire. Si l’interdiction fait souvent loi, ce n’est précisément qu’au théâtre, lieu de tous les possibles, que l’on peut lever le voile. Le spectateur est convié à une expédition vers les abysses de l’âme humaine. Là où l’intolérable est imaginable. Là où les désirs sont rois. Comme un plongeon au cœur des fonds marins.

Agatha de Marguerite Duras (1981)
Avec Marine Behar et Sven Narbonne
Mise en scène Louise Vignaud
Scénographie Irène Vignaud – Costumes Cindy Lombardi – Lumières Luc Michel – Son Michaël Selam

Production Compagnie la Résolue
Coproduction Théâtre du Vellein – CAPI [Compagnie associée]

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